Ce billet d’humeur résulte de pensées à chaud, suite à des événements touchant à l’actualité ou des articles lus. L’opinion n’est que celle de l’auteur et n’a d’autre but que d’amener les internautes à se questionner sur leur quotidien.
Quelle question ! Bien sûr que non : la vieillesse est la conséquence inéluctable de la dégénérescence de nos cellules. Nous sommes nés pour mourir et la vieillesse est le début du processus. Pourtant, certains médecins ; s’ils n’avouent pas œuvrer pour trouver la formule de la vie éternelle ; pensent que la vieillesse est une maladie comme les autres et qu’à ce titre, on doit agir à titre préventif, en quelque sorte. Leur travail se veut noble car ils entendent éradiquer tous les maux imputables à la survenue de l’âge. Mais les médecins ont-ils pensé à tous ces points ?
Grande longévité : est-ce une bonne idée ?
- Tout le monde sait que nous ne sommes pas égaux face à la longévité. Déjà les hommes et les femmes n’ont pas la même espérance de vie. Cela signifie qu’à la mort d’un époux, une femme dévastée par le chagrin vivra plus longtemps sans lui.
- Il est prouvé que les classes moyennes ou les personnes à faibles revenus ont plus de mal à se soigner et présentent plus de maladies que les autres. Par exemple, les personnes qui n’ont pas beaucoup de ressources ont plus d’AVC que les autres et cet accident cérébral arrive plus tôt (45 ans vs 65 ans). Les séquelles sont également plus graves et elles ne récupèrent pas toujours. Cela signifie rester plus longtemps en vie, avec des membres qui ne fonctionnent pas, une difficulté, voire l’impossibilité d’écrire ou de parler, mais aussi l’incapacité de rembourser un prêt immobilier.
- Les médecins qui travaillent sur cette plus grande espérance de vie humaine, estiment que déjà 1 femme sur 2 est certaine de vivre centenaire. Ils visent en première intention l’âge de 150 ans. Est-ce que tout le monde veut vivre aussi vieux ?
Réduire les inégalités sociales pour ne pas assister à un retour de caste :
- Les professionnels de santé qui font de la recherche à ce sujet sont certains que l’alimentation et l’activité physique sont les clés (entre autres) pour pouvoir vivre (très vieux) en bonne santé. Faute de moyens, mais aussi de connaissances sur les bienfaits de certains aliments, les personnes à faibles revenus continueront à présenter les signes et maux du grand âge alors que les autres vivront vieilles et en bonne santé. De quoi créer encore plus de clivage entre les personnes ?
- Les mêmes médecins pensent que certains médicaments pourraient aider à lutter contre le vieillissement. Seront-ils prescrits par de simples médecins traitants, pris en charge par la Sécurité Sociale ou faudra-t-il payer pour rester jeune, comme on peut le faire en se faisant des injections de botox et autres ? Là encore, sachant que de nombreuses personnes renoncent à se faire soigner; et nous parlons ici de simples rendez-vous de dentiste ou de gynécologie, seront-elles là encore, de facto, mises à l’écart et « condamnées à vieillir, comme au bon vieux temps » ?
- Selon les paroles du directeur de recherche de l’INSERM « on pourra rester jeune plus longtemps». N’est-ce pas là l’apparition d’un nouveau diktat de performance et de perfection ? Comment seront considérés ceux qui n’y arrivent pas (pour cause d’hérédité ou de génétique, par exemple) ? Après la grossophobie, verra-t-on vraiment arriver l’ère de la gérontophobie ; où le fait de porter sur soi les marques de l’âge ne sera plus le reflet d’une vie bien remplie, de problèmes parfois, et d’expérience mais comme le signe d’un échec cuisant : une personne qui aura raté sa fin de vie en quelque sorte ?
La réponse qu’entendent donner les médecins, c’est la possibilité de vieillir mieux. Formidable, mais qui va bénéficier de ces progrès : toute la population, sans discrimination ou une élite, encore ?